Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 04:22


Je n'ose plus fermer la porte de peur que la déraison me suive, que je me retrouve emprisonnée avec elle, même si ce n'est que pour un instant .  C'est déjà trop, infiniment . Et je sais que déjà ma raison me quitte, se désintègre, se désagrège sous l'effet du réel, sous son poids, je ne sais plus où est le chemin qui va d'un pas à l'autre, le plus aisé des mouvements me terrorise, me cloue là où je suis transpercée de part en part par des mots dont je ne voulais pas, d'autres que je n'ai pas entendus parce qu'ils m'étaient, eux, indifférents, je n'ai rien trouvé que je puisse retenir, alors ma raison implose sans la soupape des mots justes, des mots vrais qu'on attend mais qu'on ne connaît pas, d'ailleurs quand ils viennent on ne les reconnaît pas . Les mots-tourments me donnent le vertige, les absences, les présences aussi, tout me tue, à commencer par moi . Rien, je ne veux plus rien, je ne veux que l'oubli absolu, quant à l'indifférence, il n'y faut pas compter . Je crève de tout ce que je ne peux pas vivre, et de tout ce que je vis qui n'est rien . Le hasard n'est pour rien dans tout cela, ce n'est pas lui qui me tuera, ce n'est que moi ... que moi . Le réel n'est qu'une source de terreur et tout ce qui s'en détache est mille fois pire encore, il n'y a rien entre les deux et je ne sais pas flotter à part dans mes dérives, mais c'est là précisément que tout s'entrechoque, et je ne me débats plus que pour débattre de l'insuffisance des masques, des apparences . J'en crève toujours plus et pourtant ce n'est rien de plus que le rien du quotidien, je ne veux plus d'attache, rien ne sert à rien, les mains qui se tendent sont faites pour tordre la mienne, nul ne peut ressentir ce qu'un autre ressent, jamais . Tout est leurre, et tout ment, tout est porté par des flots de traîtrise, et tout tient à un fil, les instants disparaissent mais laissent des échancrures où tout le mal s'infiltre, si c'est ça le présent je n'en veux rien connaître, pour moi il est toujours déjà passé, déjà à plat, déjà mort . Je n'ai pas pu refermer la porte et pourtant il fait déjà sombre, mais la lumière n'est qu'une source de terreur de plus . Entre ombre et lumière il n'y a rien, pas un pas qui rapproche l'un de l'autre, pas un son, un songe, pas un éclat, lumières fragiles, étoiles éclatées, tout s'écrase et rien ne renaît, tout se vend, pourtant, mais le droit à la sérénité ne s'achète pas, d'ailleurs il n'existe pas . Les mots tournent et les portes claquent, les souvenirs et les regrets s'emmêlent, il ne devrait jamais rien naître, il ne subsiste jamais rien, mieux valait ne rien tenter, ne rien dévoiler, ne rien essayer, rester dans le flou puisqu'il n'y a que ça qui tienne, et encore, la plupart du temps les rideaux se déchirent et l'on entrevoit des vérités dont on ne veut pas . Il n'y a pas de vérité, il n'y a que des faux-semblants, faux-semblants meurtriers, tueurs d'espoirs, souces intarissables de détresse et de désespoir . Il ne reste rien, car rien ne tient, et l'on ne tient, pour finir, à rien . Le moindre mal serait de croire que l'on peut encore s'en faire accroire, ou au moins user de l'art de la feinte, mais rien à faire, de tout cela on a fait le tour, à tout cela on ne croit plus, et plus jamais on ne croira . C'en est assez pour ne plus accepter le moindre mouvement, le moindre déplacement .
Par Océane - Communauté : Utopia
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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 22:19


Il est si tard qu'à chaque heure je meurs un peu plus . Toutes les lumières s'éteignent les unes après les autres . L'espoir qui renaissait miraculeusement s'étiole, se fane. Bientôt il n'en restera plus aucune trace. Tenter de ré-assembler, reconstituer les morceaux éparpillés ne peut conduire nulle part quand on a tout fait pour les disséminer, quand on a utilisé chaque jour de sa vie pour que rien ne puisse exister, quand la souffrance est distillée au coeur de chaque instant, quand on n'a jamais su vouloir vivre . Il est trop tard pour reconstruire, on ne rebâtit rien sur des ruines . Du chaos au vide absolu il n'y a qu'un pas . Il faut mieux tout laisser en l'état . La déconstruction a mené à la destruction, c'était prévisible, prévu, et fatal . Le rêve peut n'apprendre qu'une douleur sans mesure quand rien n'est possible . Puisque rien n'est viable . Puisque l'apaisement n'est pas de ce monde . Puisque les sentiments ne naissent que pour qu'on en meure . Puisque la vraie vie, même fragmentée, n'existe pas . J'ai noyé mon passé pour toujours . Ce qui remonte parfois à la surface est sans importance . Tout doit disparaître à jamais . C'est mieux ainsi . Les échos peuvent être de véritables bombes . Ils font plus de dégâts qu'on ne le croit . Tout est dévasté . Alors je ne vois, je n'entends plus rien . Les mots sont des couteaux . Ils tombent avec la nuit et s'enfoncent dans la chair . Même quand on ne sent plus rien, le sang coule encore . Mais c'est l'âme qui souffre le plus dans le silence des jours et des nuits . Quand on glisse et que nul n'en sait plus rien . Le précipice agit comme un aimant .
Par Océane - Communauté : Utopia
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Mardi 23 décembre 2008 2 23 /12 /2008 04:55


Puisque le cadre est figé je m'éloigne, je m'enfuis . J'emprunte les couloirs d'où la conscience est absente, pour rejoindre la solitude parfaite, et effacer les tourmentes que j'ai allumées . Pour te laisser t'échapper dans la liberté, pour briser les remparts sombres . Pour une fois j'apprivoiserai le temps pour qu'un jour il ferme les blessures et pour qu'il apaise les flammes . Puissent les fleurs éteintes et les saisons fanées renaître sans moi . Si j'ai brûlé et meurtri tout ce qui m'entourait, je m'enfuirai, désespérément, jusqu'aux confins du désert . Le jeu de mes mots m'a échappé, j'ai perdu . J'ai tout perdu . Et ma sombre révolte n'est plus rien . Je pars . Les yeux tournés vers le rêve, mais loin de l'horizon noyé d'azur, loin de la lumière si chaude . Et si près des ténèbres de l'oubli . Dans ce palais ivoiré aux fenêtres striées d'or le silence s'est glissé sournoisement . Il a tout envahi . J'ai ouvert les portes avant qu'elles ne deviennent trop lourdes . Je pars avant que les couleurs s'effacent . Je n'emporte aucun de nos souvenirs . Fais-en ce que tu voudras . Je pars avant que nos regards ne deviennent trop vides . Puisque mes élairs ont déchiré le voile, je pars . Avant que la fissure ne se change en faille . Avant que les lumières ne s'éteignent . Avant que les vagues grises ne déferlent, emportant avec elles l'écume bleue des jours sans tempête . Avant que les rêves ne s'étiolent . Avant que les ruelles dévastées se changent en impasses . Avant que le soleil ne devienne glacé . Avant que tout soit dévasté . Avant que tout s'immobilise . Puisque de mon regard il ne fuse plus que des rayons acérés, puisque nous ne savons plus que frapper à coups de mots ou de silences, je mets fin à la lutte, j'abrège la tragédie . Tu trouveras sans moi un quotidien moins brûlant, moins déchirant . Tu trouveras peut-être l'harmonie des jours tranquilles . Cherche-la . Mais ne me cherche pas, moi .
Pas maintenant . Je n'ai pas dit jamais plus ...
Par Océane - Communauté : Utopia
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Mardi 23 décembre 2008 2 23 /12 /2008 13:07
Par Océane - Communauté : Utopia
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Mardi 23 décembre 2008 2 23 /12 /2008 22:35
Par Océane - Communauté : Utopia
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